Interview VII Site Sonatine


Peut-tu te présenter et faire un point rapide sur ton itinéraire ?
On m'appelle VII. J'ai commencé à  rapper en 95 avec Ame qui s'occupe maintenant de tout l'aspect graphique de Sonatine. On s'appelaient Les Fils du Vice. Ce groupe contenait déjà les germes de mon style actuel. On rappaient sur des faces B, c'était une putain d'époque pour moi... En 98 on a sorti un mini-album qui nous a permis d'apprendre ce qu'était le travail en studio. Plus tard on s'est connectés avec deux mecs de Bordeaux mais ça n'a rien donné. En 2005, j'ai décidé de structurer tout ça et de monter Sonatine. Et je sort enfin mon album.

Les opus de Fayçal et Dajoan Mélancolia étaient plutôt sombre. Le tient est carrément lugubre...
C'est mon style. Je suis quelque-un de naturellement sombre. Je déire sur des choses malsaines... Pas mal d'albums sont qualifiés de sombre alors que pour moi c'est truc-là  c'est du r'n'b.

On t'a connu dans un registre plus engagé. L'aspect politique est presque absent de ton album...
La politique n'est pas absente de cet album, elle est sou jacente comme dans le Zombie de Romero, tu vois ? Derrière des zombies qui envahissent un super-marché, il y a une métaphore sur notre société. Je fais la même chose ; aux travers des pins-up ou des starlettes, je m'attaque à un symbole du capitalisme... Je respecte ce qui font du rap engagé car il n'ont pas choisis la facilité.

Par contre, le thème du suicide, lui, est omniprésent. Pourquoi cette obsession ?
Parce que je suis entouréde suicidaire. J'ai quelques potes qu'ont fait des tentatives, ils en sont revenu dans un sale état. J'ai moi-même beaucoup de mal à envisager l'avenir. Le suicide c'est le dernier échappatoire quant tout va mal. Et puis Sonatine c'est ça  : un mec qui te sourit en ce pointant un revolver sur la tempe.

La drogue est aussi un sujet récurrent dans Lettre Morte...
Ouais, c'est un peut la même chose que le suicide. En faite, je suis fasciné par l'autodestruction.

Pourquoi toutes ces références cinématographiques ?
Je suis un fan de cinéma, surtout de gore et de fantastique. Le film Orange Mécanique a eu un impact considérable sur moi. Sans Kitano, Tarkovski ou Kubrick ma vie ne serais pas la même.

Il parait que tu as écrit un livre...
Ouais, Les Fleurs de Lazare. C'est un roman qui traite du mal-être. J'ai mis presque 2 années à l'écrire et j'en suis fier. Pour un mec comme moi, qui n'a jamais foutu les pieds dans un lycée, écrire un livre c'est un gros challenge.

Certains de tes morceaux sont particulièrement violent. Tu y parle de chose que tu n'a, j'espère, jamais expérimenté...
Je vois de quoi tu veut parler. Non, je ne pratique pas l'anthropophagie, la nécrophilie ou ce genre de truc. Comme je te disais je suis un gros amateur de film gore. Moeurs et Romance ou Abattoir sont des délires ultra-violents à prendre au second degré. Ce qui me croient capable d'égorger des adolescentes, ce sont eux les détraqués.

Confessions est un morceau très personnel. Tu y retrace ta vie. Peut-tu nous en dire quelques mots ?
Ouais, celui-ci est à prendre au premier degré par contre. Tout ce que j'y raconte est vrai. Le morceau se divise en 3 couplets : un sur l'enfance, un sur l'adolescence et un troisième sur ma vie présente. Dans Confessions je me dévoile un peu plus que dans les autres. Je fais références à des choses dont je ne veux pas parler habituellement mais qui ont fait parties de ma vie.

Pourquoi si peu de featuringÂ?
Je n'aime pas les albums surchargés de featuring. Quant j'achète l'album d'un mec c'est pour l'entendre lui, pas ses potes. J'ai invité Fayçal et Littledemo car pour moi ces mecs on un talent particulier. Le registre de Littledemo est plus proche du mien. Ce mec est un vrai lyricist, il peut te raconter une histoire de fou dans un morceau puis, dans un autre, aborder un sujet très sérieux. C'est le genre de rappeur que j'admire.

Tu as produit la quasi-totalité des sons des albums de Fayçal et de Dajoan Mélancolia. Pourquoi ne pas avoir entièrement produit ton album ?
J'aurais pu le faire vu le nombre d'instrumentaux que j'ai de côté, mais au fil du temps je me suis rendu compte que le son de 2fch me convenait tout aussi bien que mes propres production. C'est un excellent producteur : un gros beat, un bon sample et c'est bouclé. On est de la même école de ce côté là . Il va entièrement produire le prochain projet Sonatine et tout ce que je peut dire pour l'instant c'est que ça reste dans la ligné de tous ce qu'on a sorti.

Le mot de la fin...
J'ai quelques morceaux qui apparaîtrons sur le projet de 2fch prévu aux environs d'octobre 2007. J'ai des prods sur le prochain solo de Baccarat et sur l'album de 16 qui devrait sortir chez Sonatine en mars 2008.